Le Petit Prince
En 60 secondes
Un pilote s'écrase dans le Sahara et rencontre un petit prince venu de l'astéroïde B-612, qui raconte comment il a quitté sa rose vaniteuse et visité six planètes peuplées de grandes personnes absurdes. Sur Terre, il apprivoise un renard, apprend que l'amour rend sa rose unique, et décide que son corps est trop lourd pour rapporter chez lui. Il se laisse mordre par un serpent et disparaît sans un bruit. Le pilote, réparé et secouru, contemple désormais les étoiles en se demandant si son mouton a mangé la rose.
Avant de commencer
Pourquoi le lire
Cette courte fable glisse le chagrin d'un adulte dans un conte pour enfants : un pilote qui pleure un ami disparu, une rose qu'il a quittée trop tard, un renard qui explique l'amour en une phrase. Lisez-le si vous avez déjà mal aimé quelqu'un et cherchez les mots pour mieux faire. Il se lit en une heure et réorganise votre regard sur le ciel.
Attention, spoilers
L'histoire
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Partie 1
Un dessin que les grandes personnes prirent pour un chapeau
Commencez au cœur de l'échec : à six ans, un enfant dessine un boa constrictor digérant un éléphant, et chaque adulte qui le voit dit chapeau. On lui ordonne d'abandonner le dessin pour étudier la géographie, l'histoire, le calcul et la grammaire, et le peintre qui sommeille en lui meurt discrètement. Des années plus tard, il est pilote, et son avion tombe en panne dans le Sahara, à mille milles de toute région habitée, avec de l'eau pour environ huit jours et un moteur à réparer seul. Tandis qu'il travaille seul sur son moteur, un petit garçon apparaît et demande, avec le plus grand sérieux, un dessin d'un mouton. Le narrateur esquisse des moutons ; le petit prince rejette chacun comme malade, bélier ou vieux. Enfin le narrateur dessine une caisse avec des trous pour l'air et dit que le mouton est dedans, et l'enfant s'illumine : c'est exactement ce qu'il voulait. De cette étrange cargaison, l'histoire se déroule. Le narrateur déduit que le garçon vient de l'astéroïde B-612, une planète à peine plus grande qu'une maison, aperçue pour la première fois en 1909 par un astronome turc dont la présentation fut rejetée jusqu'à ce que, sur l'ordre d'un dictateur, il la présente à nouveau en costume européen. Le petit prince explique la terreur quotidienne de sa planète : des graines de baobabs qu'il faut arracher dès qu'elles germent, ou leurs racines fendront le monde. Il demande un dessin de baobab et le narrateur déclare que c'est une question de vie ou de mort.
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Partie 2
Une rose vaniteuse et six planètes absurdes
Le petit prince aime les couchers de soleil ; sur sa minuscule planète, il en regarde un en déplaçant sa chaise de quelques pas, et vit un jour quarante-quatre en une seule journée, en disant : « Tu sais... quand on est tellement triste, on aime les couchers de soleil. » Puis la rose qui le chassa de chez lui : elle arriva sous forme de graine et fleurit après beaucoup de préparation, vaniteuse et exigeante, demandant un paravent, un globe de verre, une protection contre les courants d'air, racontant des mensonges improbables sur sa venue d'une autre planète. Il était trop jeune pour savoir comment l'aimer, devint malheureux et décida de partir. Avant de s'en aller, il nettoie ses volcans, deux actifs et un éteint, arrache les dernières pousses de baobabs, et s'en va avec une volée d'oiseaux sauvages migrateurs. La rose avoue enfin : « Bien sûr je t'aime. C'est ma faute si tu ne l'as jamais su. Cela n'a pas d'importance. Mais tu as été aussi sot que moi. Essaie d'être heureux. » Elle refuse le globe de verre ; elle peut vivre sans. Puis la tournée des grandes personnes. Un roi sur l'astéroïde 325 prétend régner sur tout, y compris les étoiles, mais ne donne que des ordres raisonnables, commandant le coucher de soleil seulement quand les conditions le permettent. Un vaniteux sur 326 n'entend que les louanges et demande des applaudissements. Un ivrogne sur 327 boit pour oublier la honte de boire. Un homme d'affaires sur 328 compte des étoiles qu'il prétend posséder parce qu'il y a pensé le premier ; le petit prince objecte qu'il possède une fleur qu'il arrose et trois volcans qu'il nettoie, et que posséder ne leur sert à rien. Un allumeur de réverbères sur 329 allume et éteint sa lampe chaque minute, et le petit prince l'aime pour penser à autre chose qu'à lui-même. Un géographe sur 330 refuse d'inscrire la fleur du petit prince parce qu'elle est « éphémère », ce qui choque le petit prince, et lui conseille de visiter la Terre.
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Partie 3
La Terre : cinq mille roses et un renard
La Terre compte, selon le décompte du narrateur, cent onze rois, sept mille géographes, neuf cent mille hommes d'affaires, sept millions et demi d'ivrognes, et trois cent onze millions de vaniteux, soit environ deux milliards de grandes personnes. Le petit prince atterrit dans le Sahara, ne trouve personne, et rencontre d'abord un serpent qui parle en énigmes et lui propose de le renvoyer chez lui avec son poison. Une fleur du désert à trois pétales lui dit que les hommes n'ont pas de racines et sont emportés par le vent, et qu'il n'existe que six ou sept hommes. Il gravit une montagne, prend son écho pour des hommes, et conclut que les hommes ne font que répéter ce qu'on leur dit. Puis un jardin de cinq mille roses, et sa fleur, qui lui avait dit qu'elle était unique dans tout l'univers, est ordinaire. Il pleure. Un renard apparaît et offre un mot : apprivoiser, créer des liens. Pour le renard, le petit prince n'est encore qu'un petit garçon comme cent mille autres, mais une fois apprivoisé, les champs de blé lui rappelleront ses cheveux dorés. Le petit prince apprivoise le renard et ils se séparent en amis. Le renard lui dit que sa rose est unique à cause du temps qu'il a perdu sur elle, et lui donne un secret : « On ne voit bien qu'avec le cœur ; l'essentiel est invisible pour les yeux. » Puis : « Tu deviens responsable, pour toujours, de ce que tu as apprivoisé. » Un aiguilleur confirme que les grandes personnes se pressent et dorment dans les trains, jamais satisfaites ; seuls les enfants savent ce qu'ils cherchent et perdent leur temps sur une poupée de chiffons jusqu'à ce qu'elle devienne précieuse. Un marchand vend des pilules qui étanchent la soif, faisant économiser cinquante-trois minutes par semaine ; le petit prince les dépenserait à marcher lentement vers une source d'eau fraîche.
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Partie 4
The Well, the Bite, and the Sky That Hums
Back in the frame: it is the eighth day in the desert, the narrator is out of water, and he walks at night with the prince, who says men board fast trains without knowing what they seek, and that what makes the desert beautiful is that somewhere it hides a well. They find one and draw water, and the prince says the stars are beautiful because of a flower that cannot be seen. He asks the narrator to draw a muzzle for his sheep so it will not eat the rose. Then the anniversary of his arrival on Earth. The prince has arranged for the snake to bite him so he can return to his planet; his body is too heavy to carry. He falls gently, without a sound, leaving no trace, and the narrator searches for him in vain before understanding he has gone home. Six years later the pilot still looks at the stars and wonders whether his sheep has eaten the rose. He asks anyone traveling through the desert to send word at once if they meet a little prince, and to watch the sky and wonder too. The book ends not with the prince but with a man staring up, unable to know, choosing to keep asking.
Qui est qui
Personnages
- Le narrateur (l'aviateur)Un adulte qui a échoué à le devenir : ses dessins d'enfance ont été pris pour des chapeaux, alors il est devenu aviateur au lieu de peintre. Échoué dans le Sahara, il se lie d'amitié avec le petit prince, répare son moteur, et termine le livre les yeux levés vers les étoiles, se demandant si un mouton a mangé une rose.
- Le petit princeUn petit garçon venu de l'astéroïde B-612 qui a quitté une rose qu'il aimait mal et a visité six planètes d'adultes absurdes avant d'atterrir sur Terre. Un renard lui apprend que l'apprivoisement crée des liens, et il rentre chez lui en se laissant mordre par un serpent.
- La roseVaine, exigeante et menteuse sur ses origines, elle aimait le prince sans savoir le dire jusqu'à son départ. Elle refuse son globe de verre et reste derrière sur la minuscule planète qu'il doit protéger d'un mouton.
- Le renardLe maître du livre, qui demande à être apprivoisé et explique que les liens rendent une chose différente de cent mille autres. Il livre le secret de voir avec le cœur et le poids de la responsabilité.
- Le serpentUne créature énigmatique rencontrée dans le désert qui détient le pouvoir du retour. À la demande du prince, son venin le renvoie chez lui, ne laissant aucune trace derrière lui.
Ce dont parle vraiment le livre
Thèmes
Les grandes personnes ont oublié
Chaque adulte que le petit prince rencontre est un appétit unique gonflé jusqu'à devenir toute une vie : un roi qui ne règne sur rien, un homme qui n'existe que pour les applaudissements, un ivrogne qui boit pour oublier qu'il boit, un homme d'affaires qui compte des étoiles qu'il ne touchera jamais. Même la géographie, punition de l'enfance du narrateur, réapparaît sous la forme d'un géographe qui n'explore jamais. Le propos du livre n'est pas que les adultes soient méchants, mais qu'ils confondent la mesure avec le sens, et l'étonnement du petit prince est le miroir tendu vers nous.
L'apprivoisement et la responsabilité
Le renard définit l'amour comme un processus : on devient lié à quelqu'un en perdant son temps avec lui, et les champs de blé se mettent à murmurer le nom d'une personne. Cela transforme le chagrin du petit prince devant ses cinq mille roses ordinaires, car sa rose n'est unique qu'à travers le temps qu'il lui a donné. Le prix est énoncé sans détour : on est responsable pour toujours de ce qu'on a apprivoisé ; c'est pourquoi le petit prince s'inquiète d'un mouton sans muselière, et pourquoi le narrateur hérite d'une question sans réponse.
Voir avec le cœur
Le secret du renard, à savoir que l'essentiel est invisible pour les yeux, est éprouvé tout au long du livre. Un mouton dans une caisse percée de trous d'air satisfait mieux que n'importe quel mouton dessiné. Un puits caché quelque part dans le désert rend le sable beau. Une fleur que l'on ne peut pas voir fait chanter les étoiles. Le livre demande de traiter l'invisible comme la moitié la plus réelle du monde, et la fin, un ami disparu que l'on sent parmi les étoiles, est cette croyance mise à l'épreuve.
L'enfance comme manière de savoir
Le dessin du narrateur représentant un boa digérant un éléphant avait été pris pour un chapeau, et il a renoncé à la peinture pour la géographie, l'histoire, l'arithmétique et la grammaire. Le petit prince conserve la puissance de l'enfant : il perd son temps sur une poupée de chiffon jusqu'à ce qu'elle devienne précieuse, sait ce qu'il cherche, et pose des questions directes que les adultes éludent. Le livre soutient que grandir est moins une question d'âge que d'abandon, et que l'amitié du pilote pour un garçon est une tentative de reprendre cet abandon.
La solitude et le départ
Le petit prince dit qu'il est seul parmi les hommes, et le désert le confirme : une fleur à trois pétales rapporte que six ou sept hommes seulement existent, un écho les imite, et les trains rapides transportent des gens qui ne savent pas ce qu'ils veulent. Partir est le mouvement récurrent du livre : quitter la rose, quitter chaque planète, enfin quitter la Terre elle-même. La tristesse, c'est que le départ est la façon dont le petit prince a appris ce qu'il possédait, et la réplique sur le coucher de soleil, qu'on l'aime tant quand on est si triste, est le thème en miniature.
En y regardant de plus près
Symboles
- La rose
- Elle incarne l'amour tel qu'il se pratique réellement : vain, exigeant, malhonnête, et pourtant valant tout une fois apprivoisé. Ses mensonges ont chassé le prince ; ses aveux au départ de celui-ci et la fleur invisible qui embellit les étoiles montrent l'amour survivant à sa propre maladresse. Le mouton a-t-il mangé la rose : c'est la question sur laquelle repose toute la fin.
- Le mouton dans la caisse
- Une caisse avec des trous d'air vaut mieux qu'un mouton dessiné, car l'imagination complète ce que l'œil ne peut vérifier. C'est le secret du renard sous forme de dessin : le mouton essentiel est invisible. Il devient aussi la plaie ouverte du récit, puisque le mouton pourrait manger la rose, si bien que le même animal invisible porte à la fois le soin et la menace.
- Le baobab
- De mauvaises graines qu'il faut arracher chaque jour avant que leurs racines ne fassent éclater la minuscule planète. Il incarne les petits dangers laissés sans attention qui détruisent un monde, c'est pourquoi le narrateur qualifie son dessin de baobab d'affaire de vie ou de mort et met les enfants en garde.
- Le désert et le puits
- Le Sahara est l'isolement, l'endroit à mille lieues de quiconque, et pourtant il cache un puits, ce qui le rend beau. Le désert reflète le cœur : d'apparence stérile, retenant de l'eau quelque part, trouvable seulement par ceux qui marchent lentement vers elle.
- Le serpent
- Il parle par énigmes et trafique de poison, l'unique porte du livre hors du monde. Le prince ne s'en sert pas comme d'une menace mais comme d'un moyen de transport vers chez lui, si bien que le serpent incarne l'étrange marché de la fin : une mort qui ne laisse aucune trace et un retour que nul ne peut vérifier.
Spoilers
La fin expliquée
Le prince tombe sans un bruit, sans laisser de trace, et le livre refuse de trancher entre mort et retour au pays. Le poison du serpent était promis comme un chemin vers sa planète, et le narrateur choisit de croire à cette promesse, cherchant en vain puis levant les yeux vers le ciel plutôt que vers le sol. Ce choix est le propos : le secret du renard exige que l'on voie avec le cœur ce que l'œil ne peut pas, et la fin fait accomplir ce geste au lecteur, qui pèse un retour invisible contre un désert vide. Certains lecteurs y voient un adoucissement sentimental de la mort ; d'autres, la seule fin honnête, car le chagrin a besoin d'une direction. Ce qui demeure, c'est la question sans réponse que le narrateur garde entre les mains : le mouton a-t-il mangé la rose ? Car elle transforme le lecteur en la prochaine personne qui regarde le ciel en se demandant. Le livre se termine en vous léguant sa propre angoisse, et c'est pourquoi il reste.
Pour la classe ou le club de lecture
Questions de discussion
- 1.Le retour du prince est-il un retour au pays ou une mort, et le refus du livre de répondre renforce-t-il l'émotion ou l'esquive-t-il ?
À retenir
Les meilleures citations
“Tu sais... quand on est tellement triste on aime les couchers de soleil.”
“Bien sûr je t'aime. C'est ma faute si tu n'as jamais su. Cela n'a aucune importance. Mais tu as été aussi stupide que moi. Essaie d'être heureux.”
“On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux.”
“Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé.”
Une critique honnête
Les limites du livre
Les grandes personnes sont des croquis, non des personnages : le roi, le vaniteux, l'ivrogne et le businessman reçoivent chacun un seul trait, sans profondeur, si bien que la satire peut ressembler à une liste de vices plutôt qu'à une discussion avec eux. La rose est punie pour sa vanité tandis que l'échec du prince à l'aimer est traité avec douceur, et les aphorismes du renard font un travail lourd que des scènes porteraient mieux. Les lecteurs allergiques à la moralisation explicite pourront trouver les apartés du narrateur aux enfants condescendants. La sentimentalité de la fin divise, et le livre n'apporte aucune réponse au chagrin qu'il crée.
En une phrase
L'amour est un travail invisible, et le temps que vous perdez avec quelqu'un est ce qui le rend différent de cent mille autres.
Est-ce pour vous ?
Pour qui ?
Tous ceux qui ont un jour aimé quelqu'un maladroitement et cherchent un langage pour le dire. Idéal aussi pour la lecture à voix haute : les enfants y comprendront le mouton, les adultes y comprendront le chagrin.
4 questions
Quiz express : connaissez-vous bien Le Petit Prince ?
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