1Les grandes personnes ont oublié
Chaque adulte que le petit prince rencontre est un appétit unique gonflé jusqu'à devenir toute une vie : un roi qui ne règne sur rien, un homme qui n'existe que pour les applaudissements, un ivrogne qui boit pour oublier qu'il boit, un homme d'affaires qui compte des étoiles qu'il ne touchera jamais. Même la géographie, punition de l'enfance du narrateur, réapparaît sous la forme d'un géographe qui n'explore jamais. Le propos du livre n'est pas que les adultes soient méchants, mais qu'ils confondent la mesure avec le sens, et l'étonnement du petit prince est le miroir tendu vers nous.
Personnages :Le narrateur (l'aviateur)Le petit prince
2L'apprivoisement et la responsabilité
Le renard définit l'amour comme un processus : on devient lié à quelqu'un en perdant son temps avec lui, et les champs de blé se mettent à murmurer le nom d'une personne. Cela transforme le chagrin du petit prince devant ses cinq mille roses ordinaires, car sa rose n'est unique qu'à travers le temps qu'il lui a donné. Le prix est énoncé sans détour : on est responsable pour toujours de ce qu'on a apprivoisé ; c'est pourquoi le petit prince s'inquiète d'un mouton sans muselière, et pourquoi le narrateur hérite d'une question sans réponse.
Personnages :Le narrateur (l'aviateur)Le petit princeLa roseLe renard
3Voir avec le cœur
Le secret du renard, à savoir que l'essentiel est invisible pour les yeux, est éprouvé tout au long du livre. Un mouton dans une caisse percée de trous d'air satisfait mieux que n'importe quel mouton dessiné. Un puits caché quelque part dans le désert rend le sable beau. Une fleur que l'on ne peut pas voir fait chanter les étoiles. Le livre demande de traiter l'invisible comme la moitié la plus réelle du monde, et la fin, un ami disparu que l'on sent parmi les étoiles, est cette croyance mise à l'épreuve.
Personnages :Le renard
4L'enfance comme manière de savoir
Le dessin du narrateur représentant un boa digérant un éléphant avait été pris pour un chapeau, et il a renoncé à la peinture pour la géographie, l'histoire, l'arithmétique et la grammaire. Le petit prince conserve la puissance de l'enfant : il perd son temps sur une poupée de chiffon jusqu'à ce qu'elle devienne précieuse, sait ce qu'il cherche, et pose des questions directes que les adultes éludent. Le livre soutient que grandir est moins une question d'âge que d'abandon, et que l'amitié du pilote pour un garçon est une tentative de reprendre cet abandon.
Personnages :Le narrateur (l'aviateur)Le petit prince
5La solitude et le départ
Le petit prince dit qu'il est seul parmi les hommes, et le désert le confirme : une fleur à trois pétales rapporte que six ou sept hommes seulement existent, un écho les imite, et les trains rapides transportent des gens qui ne savent pas ce qu'ils veulent. Partir est le mouvement récurrent du livre : quitter la rose, quitter chaque planète, enfin quitter la Terre elle-même. La tristesse, c'est que le départ est la façon dont le petit prince a appris ce qu'il possédait, et la réplique sur le coucher de soleil, qu'on l'aime tant quand on est si triste, est le thème en miniature.
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