1Choisir le monde brisé
Les compagnons d'esprit d'Azaro lui offrent un monde idyllique, et la fête dans la forêt met en scène la tentation dans tout son éclat. Il refuse, encore et encore, par amour pour sa mère et son père. Le refus n'est pas de l'ignorance ; il voit les esprits, les fantômes, les masques, et il choisit quand même la faim, les coups et l'expulsion. Ce que le livre nous dit, c'est que l'engagement envers les vivants est une décision prise en pleine connaissance de la douleur, non malgré elle, et qu'il faut la renouveler chaque fois que la route a faim.
Personnages :AzaroLe père d'AzaroLa mère d'Azaro
2La démocratie achetée et brûlée
Deux partis travaillent le même ghetto avec les mêmes outils : pots-de-vin, intimidation, violence. Le Parti des Riches achète le Propriétaire et Madame Koto, enlève un enfant, et finit par gagner une élection avec des électeurs fantômes et une fraude flagrante. Les pauvres sont battus deux fois, une fois par les brutes et une fois par le résultat. Ce que le livre nous dit, c'est que la crise de la démocratie ici n'est pas un scrutin défaillant mais une mise en scène du choix posée sur le pouvoir brut, et que ceux qui y croient le plus fort le paient en sang et en feu.
Personnages :Madame KotoLe Propriétaire
3La faim comme moteur du monde
L'énigme d'ouverture dit que la route fut jadis un fleuve et qu'elle a donc toujours faim, et l'intrigue le prouve. La mère se prive de nourriture pour nourrir les siens, le père jeûne jusqu'à la vision, Madame Koto a faim de jeunesse et la boit dans le sang d'un enfant, les partis ont faim de voix. Ce que le livre nous dit, c'est que l'appétit n'est pas seulement privation ; il est aussi avidité, ambition et désir, et chaque personnage est dévoré par quelque chose ou s'en nourrit.
Personnages :Le père d'AzaroLa mère d'AzaroMadame Koto
4Le visible et l'invisible
Les photographies de Jeremiah capturent parfois des esprits debout à côté des vivants, et il dit vouloir des images montrant ce qui est vu et ce qui ne l'est pas. Azaro raconte un monde où les masques et les créatures mythiques traversent les émeutes politiques sans que personne n'y trouve à redire. Ce que le livre nous dit, c'est que le matériel et le spirituel ne font qu'un dans ce monde, et que toute politique ou tout art qui n'en voit que la moitié est aveugle à la manière dont le pouvoir fonctionne réellement.
Personnages :Azaro
5Le corps comme champ de bataille
Tout ce qui est politique dans ce livre advient à la chair. La boxe du père le laisse brisé ; son jeûne transforme la famine en vision ; le corps de Madame Koto enfle de rumeurs et d'une grossesse spirituelle ; la mère vend ses cheveux arrachés de sa propre tête. Ce que le livre nous dit, c'est que pour les pauvres, l'idéologie n'est jamais abstraite : elle arrive en ecchymoses, en estomacs vides et en sang pris aux enfants.
Personnages :Le père d'AzaroLa mère d'AzaroMadame Koto