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Hamlet : thèmes & symboles

William Shakespeare

Un prince voit le fantôme de son père, simule la folie et réduit une cour en cendres.

De quoi parle le livre

Thèmes

L'action et le délai

Hamlet reçoit son commandement dès l'Acte 1 et ne tue personne, hormis Polonius par accident, avant l'Acte 5. Il se réprimande deux fois pour cela — « Ô, quel misérable et vil esclave je suis ! » après avoir vu un comédien pleurer pour Hécube, et « Comment toutes les occasions m'accusent » après avoir rencontré le capitaine de Fortinbras, des hommes qui risquent la mort pour moins que cela. Quand il agit enfin, il frappe la mauvaise cible, transperçant une tapisserie d'où vient une voix cachée. La pièce ne cesse de demander si la pensée est l'ennemie de l'action ou son garde nécessaire, et répond par une salle du trône jonchée de cadavres : le délai n'a sauvé personne, et la hâte a tué l'innocent.

Personnages :HamletPoloniusFortinbras

La représentation et la réalité

Elseneur est une scène où tout le monde joue la comédie. Hamlet adopte une « disposition extravagante » ; Claudius joue l'oncle bienveillant tout en confessant en soliloque que ses « paroles s'envolent vers le haut » et que ses pensées restent en bas ; Rosencrantz et Guildenstern jouent l'amitié contre salaire. La contre-attaque de Hamlet est le théâtre au service de la vérité : il entraîne les comédiens à « tenir, pour ainsi dire, le miroir devant la nature », puis observe Claudius regardant un meurtre fictif qui reflète le vrai. La Souricière fonctionne — un roi fuit son propre crime rejoué — mais elle prouve aussi qu'une représentation peut arracher une confession qu'aucun interrogatoire n'aurait pu obtenir.

Personnages :HamletClaudiusRosencrantz et Guildenstern

La mort et la décomposition

La pièce est obsédée par les corps qui se décomposent. Le Fantôme décrit le poison agissant par l'oreille comme le vif-argent à travers les portes de la vie ; Hamlet plaisante en disant que Polonius est à souper où « une certaine convocation de vers politiques s'en donnent à cœur joie avec lui » ; la scène du cimetière transforme un bouffon de cour en crâne que Hamlet tient à hauteur de ses yeux. « Hélas, pauvre Yorick ! » est à la fois deuil et anatomie : les lèvres qu'il a baisées, les plaisanteries qu'il a faites, désormais un trou dans la terre. La mortalité égalise tout le monde — Alexandre, Yorick, Ophélie — et c'est cette égalisation qui est le propos.

Personnages :HamletOphéliePoloniusLe Fantôme

La folie, réelle et feinte

Hamlet annonce sa folie comme une stratégie ; celle d'Ophélie arrive sans qu'elle l'ait appelée. Il contrôle sa performance, choisissant quand être énigmatique, quand être cruel — « Va dans un couvent » — tandis qu'elle perd ses mots au profit de chansons et de fleurs. La cour ne sait plus faire la différence : Polonius interprète le comportement de Hamlet comme un amour malheureux, Claudius conclut qu'il est dangereux, et Gertrude, après la scène du cabinet et un Fantôme qu'elle ne peut pas voir, décide que son fils est véritablement fou. La blague cruelle de la pièce, c'est que la folie feinte détruit plus de vies que la folie réelle.

Personnages :HamletClaudiusGertrudeOphéliePoloniusLe Fantôme

La vengeance et sa contagion

La vengeance dans cette pièce est une maladie qui passe de cadavre en cadavre, de deuil en deuil. Le Fantôme commande à Hamlet ; le meurtre de Polonius par Hamlet crée le grief de Laërte ; le chagrin de Laërte fait de lui l'instrument de Claudius avec une rapière non émoussée et empoisonnée. Chaque vengeur insiste sur la justice de sa cause — Laërte le jure sur le corps de son père, Hamlet sur le récit du Fantôme — et chacun finit empoisonné par la même lame. Le bain de sang final n'est pas la justice rendue mais la contagion achevée : « le complot s'est retourné contre moi », dit Laërte, et il parle pour tous.

Personnages :HamletClaudiusPoloniusLe Fantôme

Des objets porteurs de sens

Symboles

Le Fantôme en armure

Le roi mort apparaît vêtu pour la guerre, une accusation ambulante et un avertissement de ce qui vient. Il est le moteur de la pièce — son histoire lance la vengeance — et sa seconde apparition, visible de Hamlet seul, marque le moment où le dessein du fils s'est émoussé et où la cour commence à croire que la folie est réelle.

Le crâne de Yorick

Le crâne du bouffon transforme la mort d'abstraction en visage que Hamlet a embrassé. Il porte l'argument égalisateur de la pièce : l'esprit, les baisers et le fard finissent tous dans le même trou en terre, et même Alexandre retourne à la poussière. Il apparaît dans le cimetière au-dessus de la tombe d'Ophélie, où le deuil et la comédie creusent le même trou.

La coupe empoisonnée

Préparée comme arme de meurtre de secours, la coupe devient l'instrument qui tue la reine lorsque Hamlet la refuse. Elle symbolise les complots qu'on ne peut viser : le plan de secours de Claudius détruit sa femme, et le même poison qu'il versa dans l'oreille d'un frère revient à ses propres lèvres.

Les fleurs d'Ophélie

Du romarin pour le souvenir, des pensées pour les pensées, de la rue, des marguerites et des violettes qui se fanèrent quand son père mourut. Les fleurs sont le dernier discours d'Ophélie, une accusation distribuée que personne n'accepte d'avoir reçue, et elles préfigurent les guirlandes qu'elle suspend avant de tomber dans le ruisseau.

La pièce dans la pièce

« Le Meurtre de Gonzague » est un miroir braqué sur un roi : un empoisonnement fictif mis en scène pour faire tressaillir un vrai empoisonneur. Elle prouve que le théâtre peut attraper une conscience, et elle marque le pivot de la pièce — après que Claudius se lève et demande des lumières, le simulacre est fini et tous se dirigent vers le bain de sang.

Spoilers

La fin expliquée

Le dénouement refuse le dénouement de vengeance bien propre qu'il a promis. Hamlet obtient sa vengeance, mais seulement après que le complot empoisonné s'est retourné contre son auteur, et sa victoire coûte chaque vie majeure sur scène, y compris la sienne. Son dernier acte n'est pas un meurtre mais une délégation : il empêche Horatio de boire, lui demande de « rapporter fidèlement mon histoire et ma cause », et donne sa « voix mourante » à Fortinbras. Lu d'une manière, c'est la providence — « Il y a une providence spéciale dans la chute d'un moineau », « La disposition est tout » — un homme qui a cessé de forcer les issues et laisse la divinité qui « façonne nos fins » achever la phrase. Lu d'une autre, c'est d'une mécanique glaçante : la vengeance a dévoré quiconque l'a touchée, et le trône passe simplement des mains d'un homme armé à celles d'un autre, arrivé en retard. Ce qui fait mouche, c'est la survie d'Horatio. L'histoire ne se termine pas avec les morts ; elle se termine avec un témoin à qui l'on ordonne de la raconter — ce que la pièce elle-même fait depuis cinq actes.

Qui est qui

Hamlet : les personnages

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